Les limites de l’empreinte carbone et le principe d’ombre climatique

L'empreinte carbone, concept largement diffusé et discuté dans le contexte du changement climatique, peut effectivement avoir un effet culpabilisant lorsqu'elle est utilisée pour individualiser un problème qui est en réalité sociétal et systémique. Cette notion mesure la quantité totale de gaz à effet de serre, exprimée en équivalent dioxyde de carbone, émise directement et indirectement par un individu, une organisation, un événement ou un produit. Bien qu'elle vise à sensibiliser et encourager les actions réduisant ces émissions, la focalisation sur l'empreinte carbone individuelle peut néanmoins détourner l'attention des responsabilités plus larges et plus profondes des industries et des gouvernements. 

 

  1. Quelles sont les limites de l’empreinte carbone ? 
  2. Comprendre le principe d’ombre climatique 
  3. Les limites du principe d’ombre climatique 
  4. Action individuelle ou action collective : pourquoi choisir ? 
  5. Bilan carbone scope 1,2,3 ou comment définir un périmètre de mesure plus large

 

Quelles sont les limites de l’empreinte carbone ? 

Éric est un jeune actif qui habite en centre-ville et se rend tous les jours à pied à son travail.  

Paris, Madrid, New-York, Tokyo, Louise se déplace régulièrement à travers le monde et prend l’avion 2 à 4 fois par mois dans le cadre de son activité professionnelle.  

D’après vous, qui a l’empreinte carbone la plus importante ? 

Reformulons. Eric est un jeune actif qui habite en centre-ville. Il se rend tous les jours à son agence de marketing qui créer des campagnes publicitaires pour de grandes entreprises pétrolières. Louise est écologue et apporte son savoir partout dans le monde pour aider à mettre en place des dispositifs liés à la permaculture et à la sobriété énergétique.  

D’après vous, qui contribue le plus à la transition écologique ? 

Ce petit exemple, un peu simpliste et schématique, permet de bien comprendre les limites du calcul de l’empreinte carbone. 

Le calcul de l'empreinte carbone peut souffrir d'un manque d'objectivité et présenter des limites pour plusieurs raisons. Premièrement, il se concentre souvent sur des actions individuelles mesurables, comme la consommation d'électricité, le kilométrage en voiture, et les habitudes alimentaires, sans prendre en compte l'impact plus large des choix professionnels ou des contributions à des industries à forte émission de CO2.  

En outre, en mettant l'accent sur des actions individuelles facilement quantifiables, comme recycler ou éteindre les lumières, cela peut détourner l'attention des efforts plus significatifs mais moins quantifiables, tels que le plaidoyer politique ou la promotion de pratiques durables au sein des instances comme l’entreprise. 

« Le génie de l'empreinte carbone est qu'elle nous donne quelque chose à faire en apparence pour le problème climatique. Aucune personne ordinaire ne peut réduire les émissions de dioxyde de carbone de 1 milliard de tonnes. Mais nous pouvons jeter une bouteille en plastique dans une poubelle de recyclage, faire du covoiturage pour aller au travail, ou manger moins de cheeseburgers. » 1 

Dans un monde où la majorité de l'énergie provient encore des combustibles fossiles et où l'agriculture intensive utilise abondamment les pesticides, les efforts individuels, bien que louables et pertinents, se heurtent à des limites structurelles.

Par exemple, choisir de réduire sa consommation de viande, d'opter pour des transports plus verts, ou de diminuer sa consommation d'énergie à domicile ne suffit pas à compenser les émissions liées à la production d'énergie, à l'industrie lourde, ou au transport de marchandises à travers le monde. Ces secteurs sont en effet les principaux contributeurs aux émissions globales de gaz à effet de serre. 

 

La culpabilisation des individus via leur empreinte carbone peut également être vue comme une stratégie de diversion employée par certains acteurs industriels pour détourner l'attention de leur propre impact environnemental.

 

En mettant l'accent sur les choix de consommation des individus sans remettre en question les structures et les politiques qui favorisent la dépendance aux énergies fossiles et à une agriculture non durable, on risque de négliger les changements systémiques nécessaires pour parvenir à une réduction substantielle des émissions de gaz à effet de serre à l'échelle mondiale. 

 

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Il est donc essentiel de reconnaître que, si les actions individuelles sont importantes et contribuent à la sensibilisation et à l'adoption de comportements plus durables, elles doivent être complétées par des politiques publiques ambitieuses, une planification écologique à long terme et des changements fondamentaux dans les pratiques industrielles.   

 

 

La transition vers un modèle énergétique durable, l'adoption de pratiques agricoles respectueuses de l'environnement et la transformation des systèmes de transport et de production sont des mesures indispensables pour répondre efficacement au défi climatique. Seule une approche intégrée et globale, impliquant tous les niveaux de la société, permettra d'atteindre les objectifs de réduction des émissions nécessaires pour limiter le réchauffement climatique et ses impacts les plus dévastateurs. 

« Même une personne sans-abri vivant dans une société alimentée par les combustibles fossiles a une empreinte carbone insoutenablement élevée, déclare le Professeur Franta de l’Université de Stanford. Tant que les combustibles fossiles restent la base du système énergétique, vous ne pourrez jamais avoir une empreinte carbone durable. 

Une personne sans-abri aux Etats-Unis qui mangerait dans des soupes populaires et dormirait dans des refuges émettra toujours indirectement quelques 8,5 tonnes de dioxyde de carbone chaque année ».2 

 

Qui plus est, l'absence de normes internationales uniformes pour le calcul de l'empreinte carbone constitue une limite majeure. Cette disparité empêche l'harmonisation des résultats et rend difficile la comparaison directe entre différentes activités, industries ou même pays.  

 

Sans un cadre commun, les efforts individuels pour réduire les émissions de carbone peuvent ne pas être correctement évalués ou reconnus, ce qui freine potentiellement les initiatives mondiales de réduction des émissions de gaz à effet de serre. 

Malgré ses limites, la mesure de l'empreinte carbone demeure un outil essentiel dans la lutte contre le changement climatique, que Lumo utilise lorsque vous investissez sur notre plateforme.  

 

Comment Lumo calcule mon impact environnemental lorsque j’investis dans une campagne de crowdfunding ? 

 

Pour renforcer son efficacité, il est crucial de l'améliorer en intégrant des données plus larges et diversifiées qui reflètent mieux l'impact global des actions individuelles et collectives. Ceci inclut l'évaluation des contributions indirectes au changement climatique et l'adoption de normes internationales pour permettre une comparaison équitable et stimuler des actions plus ciblées et significatives à tous les niveaux. 

 

Comprendre le principe d’ombre climatique  

« Imaginez votre ombre climatique comme une forme sombre qui s’étend derrière vous. Partout où vous allez, elle va aussi, comptabilisant non seulement votre utilisation de l’air conditionné et la consommation d’essence de votre voiture, mais aussi votre vote, le nombre d’enfants que vous choisissez d’avoir, votre lieu de travail, la manière dont vous investissez votre argent, la quantité de discours que vous tenez sur le changement climatique, et si vos paroles amplifient l’urgence, l’apathie ou le déni ».3 

Contrairement à l'empreinte carbone, l'ombre climatique considère également les comportements « contagieux », comprendre le cercle d’influence, ainsi que les choix de vie significatifs non inclus dans le calcul de l'empreinte carbone traditionnelle. 

L'ombre climatique est envisagée comme étant composée de trois éléments principaux : les choix de consommation (ce qui inclut l’empreinte carbone), le type d'entreprise pour laquelle on travaille et l'attention portée à la crise environnementale.  

 

 

La consommation englobe les attentes relatives à notre mode de vie, telles que l'utilisation continue de l'air conditionné durant l'été ou le désir d'obtenir une livraison en deux jours pour nos achats en ligne. Elle inclut également notre participation active à la culture du consumérisme, par exemple en partageant sur Instagram nos derniers achats ou en dépensant notre argent dans des entreprises ou des chaînes d'approvisionnement plus ou moins durables sur le long terme.  

D'autre part, nos décisions concernant la manière dont nous donnons et investissons notre argent, le nombre d'enfants et d'animaux de compagnie que nous décidons d'avoir, le type d'entreprise pour laquelle nous travaillons, et la nature de notre travail au sein d’une entreprise, représentent des choix significatifs qui influencent directement notre impact sur la planète. 

 

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Selon Emma Pattee, journaliste spécialiste du changement climatique et théoricienne du concept « d’ombre climatique », la dimension la plus complexe mais potentiellement la plus significative est celle de l'énergie personnelle consacrée à la crise climatique. Cette notion fait référence à la quantité d'efforts et de temps que nous investissons dans l'action pour le climat.  

Cela nous amène à nous interroger : combien d'heures dédions-nous à la lutte contre le changement climatique ? Est-ce que cela représente au moins autant de temps que celui passé à regarder Netflix ou à planifier nos prochaines vacances ? Cette réflexion nous pousse à considérer notre engagement personnel envers la résolution de la crise climatique, évaluant si nos actions individuelles reflètent véritablement nos préoccupations environnementales. 

« Si votre empreinte carbone peut diminuer grâce à l’installation de panneaux solaires sur votre toit, par exemple, votre ombre climatique se modifiera lorsque vous discuterez de vos choix avec vos voisins. L’influence sociale de la simple installation de panneaux solaires peut élargir ou rétrécir votre ombre. Des études montrent qu’équiper sa maison de panneaux solaires incite généralement les habitants du voisinage à en faire de même. 

En d'autres termes, plutôt que d'encourager des actions purement individuelles, votre ombre climatique s'agrandit lorsque ces actions inspirent d'autres personnes, sciemment ou non ».4 

L'importance du vote et de l'engagement politique illustre parfaitement la valeur ajoutée de l'ombre climatique. Contrairement à l'empreinte carbone, qui se concentre sur les émissions directes et indirectes liées à nos activités personnelles, l'ombre climatique reconnaît le pouvoir de nos choix politiques.  

En effet, voter pour des partis et des politiques qui priorisent l'action climatique peut avoir un effet multiplicateur bien au-delà de ce que pourrait suggérer une simple analyse de l'empreinte carbone (à partir du moment où ils tiennent leurs engagements, ce qui relève d’une problématique de représentativité civique et c'est un autre débat...).  

 

Cela souligne que nos responsabilités en tant que citoyens ne se limitent pas à nos comportements de consommation, mais s'étendent à notre participation à la vie démocratique, où les décisions prises aujourd'hui façonneront l'environnement de demain. 

 

De plus, l'ombre climatique met en lumière l'impact potentiel des interactions sociales et professionnelles sur les attitudes et les actions relatives au changement climatique. Les discussions informelles, comme celles qui pourraient survenir autour d'une machine à café, peuvent influencer les décisions à tous les niveaux d'une organisation.  

Encourager une culture d'entreprise attentive à l'impact climatique de ses activités, de la sensibilisation de tous les employés aux décisions stratégiques évitant les investissements dans des projets préjudiciables à l'environnement, représente un levier d'action souvent sous-estimé. 

 

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L'ombre climatique, en tenant compte de ces dimensions plus subtiles et indirectes de notre impact sur le climat, nous encourage à repenser notre rôle dans la société. Elle nous rappelle que chaque action, choix professionnel, et engagement civique porte en lui le potentiel de contribuer à la lutte contre le changement climatique ou de la compromettre.  

 

Les limites du principe d’ombre climatique 

Le concept d'ombre climatique, bien qu'il introduise une perspective novatrice sur l'engagement individuel et collectif face au changement climatique, se heurte à plusieurs limites importantes qui méritent d’être relevées.  

Premièrement, malgré l’intérêt médiatique qu'il suscite, ce concept n'a pas encore été l'objet d'études rigoureuses revues par suffisamment de scientifiques, ce qui soulève des questions quant à sa fiabilité. La complexité et l'incertitude inhérentes à la quantification précise des effets indirects des actions individuelles sur le climat représentent le problème principal.  

 

Alors que la comptabilité carbone actuelle peine déjà à englober avec précision toutes les émissions individuelles, le fait d’intégrer des comportements quotidiens, une simple discussion ou une opinion politique, semble quasiment impossible. 

 

De plus, cela pose un vrai problème de respect de la vie privée. Mesurer ces aspects de manière anonyme s'avère complexe, car cela impliquerait de collecter et d'analyser des informations sensibles sans compromettre l'identité des individus.  

Par ailleurs, en se concentrant sur les choix individuels, l'ombre climatique tombe dans le même écueil que celui de l’empreinte carbone avec une approche finalement très individualiste voire culpabilisante. La réalité est que les choix de vie, professionnels ou écologiques, ne sont pas accessibles à tous de la même manière. Les contraintes financières, de temps, ou les circonstances de vie limitent parfois la possibilité d'agir en faveur de l'environnement.  

Cette perspective individualiste peut non seulement s'avérer inefficace en termes de lutte contre le changement climatique, mais aussi générer une culpabilité disproportionnée chez ceux qui se trouvent dans l'incapacité d’y répondre. 

 

 

Certes, l'ombre climatique pourrait potentiellement offrir une perspective plus équilibrée, en reconnaissant à la fois l'importance des actions individuelles et la nécessité d'aborder les problématiques environnementales à un niveau structurel. Toutefois, il est essentiel de rappeler que sans une transformation profonde de nos modèles économiques et de consommation, atteindre une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre demeure impossible. 

En outre, l'ombre climatique ne doit pas être perçue comme un moyen de justifier ou de compenser des comportements non durables par des contributions positives dans d'autres domaines. L'idée selon laquelle les actions bénéfiques pour le climat pourraient annuler les impacts négatifs de certaines habitudes de vie risque d'encourager un statu quo.  

Par exemple, l'argument voulant qu'un écologue puisse se permettre de voyager fréquemment en avion en raison de son travail en faveur du climat illustre bien ce piège potentiel, qui pourrait ultimement miner les efforts de réduction des émissions à l'échelle globale. L’exemple cité au début de cet article, est donc un bon moyen d’introduire le sujet mais il présente très rapidement ses limites.  

 

Finalement, bien que l'ombre climatique puisse stimuler des discussions enrichissantes sur la responsabilité individuelle et collective dans la lutte contre le changement climatique, elle ne devrait pas être opposée à l'empreinte carbone. Ces deux concepts peuvent être envisagés de manière complémentaire, chacun apportant une perspective différente sur notre relation avec l'environnement.  

 

Actions individuelles ou actions collectives : pourquoi choisir ? 

Le débat entourant les stratégies à adopter pour favoriser la transition écologique s'articule principalement autour de deux axes : d'une part, ceux qui prônent un changement volontaire et individuel par l'éducation et la sensibilisation, et d'autre part, ceux qui arguent en faveur d'une approche plus stricte, réclamant l'instauration immédiate de mesures juridiques contraignantes, en particulier à l'égard des entreprises majeures contribuant au changement climatique.  

Cette divergence d'approches soulève des questions éthiques et démocratiques cruciales, reflétant les tensions entre liberté individuelle et responsabilité collective dans la lutte contre le réchauffement climatique. 

Pierre Rabhi, agronome et écrivain, est une figure emblématique du mouvement en faveur de l'agroécologie et de la « sobriété heureuse ». À travers son œuvre et ses actions, Rabhi a plaidé pour une rupture avec les modèles de développement basés sur la consommation excessive et l'exploitation intensive des ressources naturelles. Son approche, centrée sur le respect de la terre et la simplicité volontaire, vise à réconcilier l'activité humaine avec les cycles naturels, en promouvant une agriculture respectueuse de l'environnement et une manière de vivre plus sobre et plus consciente. 

 

 

La « théorie du colibri », souvent associée à Pierre Rabhi, trouve son origine dans une légende amérindienne que Rabhi a popularisée dans ses discours et ses écrits. Selon cette légende, alors qu'un immense incendie ravage la forêt, tous les animaux restent pétrifiés, impuissants devant la catastrophe, sauf le petit colibri qui s'affaire, allant chercher quelques gouttes d'eau avec son bec pour les jeter sur le feu. Interrogé par un tatou sur l'inefficacité apparente de ses actions, le colibri répond : « Je fais ma part. » 

Ce récit symbolise la philosophie de l'engagement individuel prônée par Rabhi. Il souligne l'importance de l'action individuelle, même modeste, face aux défis environnementaux mondiaux. Pour Rabhi, l'attitude du colibri incarne une éthique de responsabilité et de participation active, où chaque individu, à son échelle, contribue au bien commun et à la protection de l'environnement. Cette théorie s'oppose à l'apathie et au fatalisme, encourageant au contraire chacun à agir selon ses capacités, sans attendre une solution globale ou immédiate. 

L'œuvre de Pierre Rabhi et la théorie du colibri se rangent clairement du côté du changement individuel, soulignant la capacité de chaque personne à effectuer des choix éclairés et à adopter des comportements plus respectueux de l'environnement.  

À l'opposé, certains défenseurs de l'environnement soutiennent que sans une intervention inter-étatique forte imposant des limites claires et des régulations strictes, notamment à l'encontre des grandes entreprises polluantes, les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre ne pourront pas être atteints à temps pour éviter les conséquences les plus graves de la crise environnementale. Cette approche met en avant la nécessité d'un cadre législatif harmonisé, incluant des taxes carbones, des quotas d'émission, et des incitations pour les acteurs les plus vertueux. 

Des personnalités comme Greta Thunberg, la jeune militante suédoise, incarnent cette vision. Thunberg est connue pour son franc-parler et ses appels urgents à l'action gouvernementale contre le changement climatique, soulignant l'insuffisance des efforts individuels face à l'ampleur de la crise. Elle critique ouvertement les leaders mondiaux pour leur manque d'engagement et leur inaction, les pressant d'adopter des mesures immédiates et contraignantes pour réduire drastiquement les émissions de carbone. 

 

Le débat entre ces deux camps révèle la complexité des défis associés à la transition écologique. D'un côté, l'approche axée sur le changement volontaire et individuel met en évidence l'importance de la prise de conscience et de l'engagement personnel dans la lutte contre le changement climatique. De l'autre, l'approche interventionniste souligne l'urgence de la situation et la nécessité d'une action collective coordonnée, souvent par le biais de mécanismes légaux et de politiques publiques, pour opérer les changements structurels nécessaires.  

 

Ensemble, ces perspectives soulignent le besoin d'une réponse multidimensionnelle à la crise climatique, combinant éducation, innovation, régulation et participation citoyenne. 

Le fait est que « l’ombre climatique » comme « l’empreinte carbone » restent à ce jour insuffisants car restant trop focalisés sur l'action individuelle. Ils sont précieux pour quantifier de façon globale nos émissions et ainsi permettre de modifier nos comportements pour les réduire. Pour reprendre l'allégorie de Pierre Rabhi, le colibri a beau faire sa part pour éteindre l'incendie, tant que d’autres continueront d'alimenter impunément le feu, la source du problème semble difficile à régler... 

 

« Un esprit démocratique, ce n'est pas chacun fait ce qu'il veut, c'est au contraire la capacité collective à se donner des règles. La démocratie est et a toujours été une forme d’auto-limitation et d'auto-contrainte, des règles simples et un bon rappel, sauver la planète, ça peut être notre affaire avant d'être une affaire de régime ».5 

Pierre Charbonnier, Philosophe de l’environnement 

 

Bilan carbone Scope 1,2,3 ou comment définir un périmètre de mesure plus large

Actuellement, les bilans carbone sont les seuls capables de quantifier les émissions de gaz à effet de serre (GES) associées à une activité, un produit ou une organisation. On en a défini les limites précédemment, notamment en termes d'harmonisation des critères de mesure mais, nous n'avons pas évoqué les scopes, qui permettent d'élargir le périmètre de responsabilité des entreprises et des individus.

L'existence de ces scopes permettent de se rapprocher du principe d'ombre climatique. Une entreprise ou une entité souhaitant faire preuve de transparence publiera les 3 scopes de ses activités. 

  • Scope 1 : Ce sont les émissions directes de gaz à effet de serre générées par les activités de l'organisation elle-même. Cela inclut généralement les émissions provenant de la combustion de carburants dans les installations de l'entreprise, comme les émissions des véhicules de la flotte, les processus de production, les équipements de chauffage, etc. Ces émissions sont directement contrôlées par l'entreprise.

  • Scope 2 : Il s'agit des émissions indirectes de gaz à effet de serre résultant de la production d'énergie achetée par l'organisation et consommée dans ses opérations. Cela inclut principalement les émissions associées à la production d'électricité, de chaleur ou de vapeur achetée auprès de fournisseurs externes. Ces émissions ne sont pas directement contrôlées par l'entreprise, mais elles peuvent être influencées par ses choix d'approvisionnement énergétique.

  • Scope 3 : Ces émissions englobent toutes les autres émissions indirectes qui découlent des activités de l'organisation, mais qui ne relèvent ni du Scope 1 ni du Scope 2. Cela peut inclure les émissions provenant des déplacements des employés (voyages d'affaires, trajets domicile-travail), les émissions liées à la production des matériaux utilisés par l'organisation, les émissions provenant de la distribution des produits, etc. Les émissions du Scope 3 sont souvent plus difficiles à quantifier car elles sont influencées par toute la chaîne de valeur de l'entreprise, y compris ses fournisseurs et ses clients.

 

 

Prendre en compte les trois scopes dans l'évaluation des émissions de gaz à effet de serre (GES) est crucial pour obtenir une image complète et précise de l'empreinte carbone d'une organisation. Chaque scope capture différents types d'émissions, qu'elles soient directes ou indirectes. En considérant les trois scopes, une entreprise peut obtenir une vision globale de ses émissions de GES, depuis ses activités directes jusqu'aux impacts plus étendus de sa chaîne d'approvisionnement et de ses choix opérationnels.

En analysant les émissions selon les trois scopes, une organisation peut identifier les sources spécifiques qui contribuent le plus à son empreinte carbone totale. Cela permet de cibler les actions de réduction là où elles auront le plus d'impact, que ce soit en optimisant les processus internes, en choisissant des sources d'énergie plus propres ou en travaillant avec des fournisseurs pour réduire les émissions tout au long de la chaîne d'approvisionnement.

Les émissions du scope 3, bien qu'indirectes pour l'organisation, reflètent souvent une part importante de son impact environnemental total. En tenant compte de ces émissions, une entreprise reconnaît sa responsabilité étendue dans la réduction des émissions tout au long de sa chaîne de valeur, et peut collaborer avec ses partenaires commerciaux pour atteindre des objectifs communs de durabilité.


 


Sources : (1) https://mashable.com/feature/carbon-footprint-pr-campaign-sham(2) https://mashable.com/feature/carbon-footprint-pr-campaign-sham(3) https://www.mic.com/impact/forget-your-carbon-footprint-lets-talk-about-your-climate-shadow(4) https://www.nationalgeographic.fr/environnement/climat-oubliez-empreinte-carbone-il-faut-se-focaliser-sur-ombre-climatique(5) https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/zoom-zoom-zen/zoom-zoom-zen-du-mercredi-08-novembre-2023-6530906

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